Ce début de mois a été marqué, dans mon actu camerounaise, par la prise d'otage faite par les Bakassi Freedom Fighters (BFF), menés par un certain Ebi Dari. Autant le dire tout de suite, l'un comme l'autre, le BFF et son chef de troupe, sont aussi inconnus de ma mémoire que ne l'est la trente-sixième décimale de Pi. Qui sont-ils? D'où viennent-ils? Que veulent-ils? En fait tout ceci n'est pas mon propos, cela ne me préoccupe pas quoiqu'un peu. Du moins l'irrationalité de leur démarche et le contexte politico-social du Cameroun et de la péninsule de Bakassi m'amène à penser sans plus de conviction qu'il s'agit de vulgaires brigands que la première bouchée de pain calmera les ardeurs. Ceci dit, passons. Sinon Edou d'Etounou en a parlé en son temps sur le sujet. Où on apprend ce que veulent les BFF et quelques sorties du chef.
Etre otage, ca ne doit surement pas être marrant, surtout pas pour les concernés et de proche en proche, pour les familles, les amis, les collègues, ... et jusqu'aux responsables politiques. Seulement, à voir le dégré d'implication des uns et des autres dans la libération des otages, on note une nette gradation dans l'évaluation des otages. D'où ma question immorale ou amorale c'est selon: que vaut un otage? sinon une question corrollaire, mais pas vraiment "combien coûte un otage?". Selon qu'on soit ravisseur, otage ou partie prennante, l'approche, et la réponse, n'est surement pas la même. Là non plus n'est pas mon propos, malgré le titre du billet, ou presque.
D'abord il faut dire qu'après Ingrid Betancourt dans un passé récent, libérée des FARC, c'est le Cameroun qui était sous les feux des projecteurs, les faits se situant comme tout le monde en conviendra "dans les côtes camerounaises", ce qui avait la particularité de me faire un p'tit pincement à chaque énoncé des titres. Comme s'il fallait en rajouter à l'instabilité socio-économique du Cameroun, pour en faire définitivement un pays infréquentable. A qui la faute? Tout est bien qui finit bien, dit l'adage, les otages ont été libérés par l'intervention du Président de la République du Cameroun. C'est pas beau ça?! Et c'est ici mon propos: qu'a coûté cette opération?
Dans les jours qui ont suivi cettepris d'otage, on a vu l'essentiel du monde politique et diplomatique à l'oeuvre, et bien sur TOTAL et son sous-traitant employeur des otages. Puis une rumeur de tentative de libération avortée. Puis une info de libération. Que disent les autorités camerounaise? Circulez, y a rien à voir! Coté France, terre des droits de l'homme par l'entremise de son Sécrétaire dEtat aux droits de l'homme, j'ai nommé Rama Yade: Motus et bouche cousue, et de toute façon on s'en fout ils sont libres. Rama Yade, shame on you!
La rumeur court, et tend à se confirmer, selon laquelle les 10 otages (7 francais, 1 Tunisien, 2 Camerounais) auront été échangés contre 13 prisonniers. And now, the queston is: Qui sont ces prisonniers qui valent 10 otages? Seraient-ce des anciens BFF? On n'est pas en Israel quand même pour faire des échanges soldats-palestiniens. Sont-ils au moins camerounais? Je n'imagine pas un gouvernement trafiquant des prisonniers qui ne sont pas ses propres citoyens. Quand bien même ce serait les pires criminels, leur vie est-elle si futile pour qu'elle puisse être échangée contre celle d'autres humains? A moins que le Cameroun soit en voie de récrire et redéfinir le droit de grâce, libérant des prisonniers sous la menace, exposant du même coup les victimes des prisonniers à leur bourreau. Ou alors tout simplement, faut-il comprendre que Bakassi est désormais une zone de non-droit. Ni Nigéria, ni Cameroun, mais BFF!
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